« Team Indigenous », une équipe pour les droits des femmes autochtones à la Coupe du monde de roller derby - heroine

« Team Indigenous », une équipe pour les droits des femmes autochtones à la Coupe du monde de roller derby

C’était une grande première pour la Team Indigenous. Ce collectif de femmes autochtones a participé à la Coupe du monde de roller derby 2018, qui s’est déroulée du 1er au 4 février à Manchester, au Royaume-Uni. Leur objectif ? Attirer l’attention et sensibiliser le public sur la condition des femmes indigènes, au-delà du challenge sportif.  

Crédit photo : @teamindigenousrollerderby

« Ça fait des années que je rêvais de représenter ma communauté sur la scène internationale », avouait Michelle Cross, alias Squarrior, à Radio-Canada, quelques jours avant la compétition. Cette sportive fait partie des 22 femmes qui ont rejoint la Team Indigenous, une équipe féminine de roller derby représentant une trentaine de peuples autochtones dans le monde. L’équipe s’est, pour la première fois, présentée à la Coupe du monde de roller derby.

À l’issue de la compétition, l’équipe s’est classée 27e sur 38 équipes. Les joueuses ont perdu trois matches – contre l’Italie, les Pays-Bas et le Danemark – mais ont vaincu l’Islande par un solide 173-13. Un classement qui n’est pas surprenant, puisque les joueuses ne s’étaient encore jamais entraînées ensemble.

Formation de l’équipe

L’idée d’une équipe autochtone est née de la joueuse de roller derby Melissa Waggoner, alias Mick Swagger, lorsqu’elle participait à la dernière Coupe du monde sous les couleurs des Etats-Unis. Elle avait demandé, à l’époque, de porter le drapeau de sa nation à la cérémonie d’ouverture, une idée qui n’a pas plu à son entraîneur. « J’appréciais [d’être à la Coupe du monde], c’était très enrichissant. Mais je sentais que je ne me représentais pas de la manière que j’aimerais faire », a-t-elle confiée à Radio-Canada.

La formation d’une équipe autochtone s’est avérée plus populaire qu’elle ne le croyait, puisqu’une soixantaine de femmes des quatre coins du monde ont posé leur candidature, ayant toutes des « histoires riches et diversifiées », pour 22 joueuses sélectionnées. La présence d’une équipe de sportives venues du monde entier n’a pas été difficile à faire accepter aux organisateurs, le roller derby étant un « sport progressiste, attentif au sort des minorités ».

Une défaite mais un message entendu

Elles n’ont pas remporté la compétition – l’équipe des Etats-Unis ayant été restée invaincue – mais ont atteint leur objectif : attirer l’attention du public sur la condition des femmes indigènes dans le monde. À la place d’un hymne national, les joueuses de la Team Indigenous ont lu un texte rendant hommage à ces femmes : « Des milliers de femmes indigènes sont portées disparues et retrouvées assassinées sur nos terres ancestrales. (…) Nous patinons aujourd’hui en l’honneur de toutes ces femmes qui n’ont jamais trouvé ce sport révolutionnaire puissant, car leur vie a été écourtée. Nous patinons pour amener plus de femmes autochtones à ce sport, pour offrir un espace de solidarité, de force et d’amour ».

Selon l’ONU, plus de la moitié des personnes tuées par les forces de l’ordre dans le monde sont des autochtones, alors qu’ils ne représentent que 5% de la population. L’organisation a d’ailleurs rappelé à l’ordre le Canada en 2015, estimant que les autorités ne protégeaient pas suffisamment les femmes autochtones de ces violences, informe Terriennes.

La Team Indigenous a récolté 2000 dollars en faveur de Missing and Murdered Indigenous Women, une association qui vient en aide aux familles à la recherche de leurs proches disparues, prélevant 10% sur les ventes de maillots et stickers à son effigie.

À l’année prochaine pour la revanche ?

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Zorgua

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