Clare Hollingworth, la correspondante de guerre qui annonça l'invasion d'Hitler en Pologne

Clare Hollingworth, la correspondante de guerre qui annonça l’invasion d’Hitler en Pologne

Célébrée par Google dans un Doodle, Clare Hollingworth aurait eu 106 ans mercredi 10 octobre. Cette journaliste britannique avait joué un rôle clé dans la Seconde Guerre mondiale, ayant été la première à observer et rapporter les préparatifs de l’invasion de la Pologne par Hitler et son armée. 

Crédit photo : @manhhai/flickr

Mais qui est Clare Hollingworth, la femme mise à l’honneur par Google ce mercredi 10 octobre ? Journaliste britannique, elle est rentrée dans l’histoire en août 1939, après avoir débuté sa carrière par « le scoop du siècle ». Une semaine à peine après avoir été envoyée par le Daily Telegraph à la frontière germano-polonaise pour couvrir « l’aggravation des tensions en Europe », la reporter découvre, grâce à un coup de vent qui soulève une bâche, plusieurs blindés massés dans une vallée et camouflés par le régime nazi… Une trouvaille qui deviendra plus tard le scoop « le plus grand des temps modernes », puisqu’il annonça l’invasion de la Pologne par l’armée allemande, soit le début de la Seconde Guerre mondiale.

Le 29 août 1939, la nouvelle fait la Une du Daily Telegraph. Mais la jeune femme de 27 ans n’en reste pas là. Le 1er septembre, elle décide de contacter l’ambassade britannique de Varsovie pour avertir de l’invasion allemande. Deux jours plus tard, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne d’Adolf Hitler.

Plus qu’une simple journaliste

Dans un article publié dans le Telegraph, Patrick Garrett, petit-neveu de la journaliste, révèle avoir découvert l’un des secrets de Clare Hollingworth. « Caché à l’intérieur d’un dossier scolaire, j’ai trouvé un certificat fait-main, écrit en allemand, remerciant Clare pour l’aide qu’elle aurait apporté à un groupe de réfugiés polonais en 1939. Parmi les papiers, il y avait également deux cartes d’identité. L’une appartenait à une trentenaire, Waltraud Slansky, l’autre à un homme au visage pâle du nom de Josef Pollak ». Après avoir entrepris des recherches aux archives nationales, Patrick Garrett découvre que la journaliste avait dirigé une organisation chargée de sauver des milliers de Polonais des griffes nazies.

Possédant un visa allemand encore valide, la jeune femme se serait en effet portée volontaire pour une mission de sauvetage en Pologne. À Gdynia, 451 hommes, femmes et enfants attendaient de l’aide. La plupart – des syndicalistes, des militaires, des écrivains et des juifs – étaient connus en Tchécoslovaquie comme étant anti-nazis et figuraient en bonne place sur les listes d’arrestations de la Gestapo. Avec sa ténacité et sa capacité à faire front aux officiels, elle obtint des papiers et fit en sorte que toutes ces personnes puissent quitter le pays saines et sauves. Clare apporta ensuite son aide au consul général britannique à Katowice, débordé par les demandes d’asile. Elle aurait ainsi permis à des milliers de personnes de quitter le pays.

Une vie dédiée au journalisme

La correspondante de guerre a travaillé pour les plus grands journaux et couvert les plus grands conflits. Parmi ses nombreux fait d’armes, la première interview de Mohammad Reza Pahlavi en 1941 alors qu’il devient shah d’Iran, ou encore sa présence sur le front du conflit indo-pakistanais en 1965 interdit aux journalistes, grâce à la protection d’Indira Gandhi, alors ministre de l’Information à New Delhi.

Clare Hollingworth œuvra également à l’ouverture du premier bureau du Telegraph à Pékin, faisant d’elle l’un des premiers journalistes occidentaux à s’installer en Chine. En 1989, à presque 80 ans et alors qu’elle est à la retraite, elle se rend sur la place Tian’anmen, où elle assiste au soulèvement bientôt suivi d’une implacable répression. En 1997, la reporter installée Hong Kong et qui refuse toujours de décrocher, assiste à l’entrée des troupes chinoises dans le territoire (cf. son portait dans Libération).

Clare Hollingworth in Beijing, 1971
Clare Hollingworth à Pékin, en 1971

Primée à de nombreuses reprises pour son travail, elle est nommée officier de l’ordre de l’Empire britannique en 1982. Elle est décédée le 10 janvier 2017 à Hong Kong, à l’âge de 105 ans. Ce 10 octobre 2017, elle aurait fêté ses 106 ans.

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Zorgua

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